Manifestations en France : plus de 2 500 commerces subissent de lourdes pertes

Les violences survenues en marge des récentes manifestations en France ont endommagé plus de 2 500 commerces. Selon le bilan de CCI France, plusieurs centaines d’entre eux ont été fortement dégradés, et les responsables du secteur demandent des mesures d’urgence pour soutenir les commerçants.

D’après le bilan de CCI France, « 2 488 commerces ont été touchés le 17 octobre et 50 commerces touchés le 24 octobre ». Le même bilan précise que « 1 161 commerces ont été fortement dégradés (pillage, saccage ou incendie) ». Ces chiffres témoignent de l’ampleur des dommages pour un secteur déjà éprouvé par plusieurs années de crises successives.

Manifestations en France : plus de 2 500 commerces subissent de lourdes pertes



Des pertes économiques immédiates

Les commerces situés en centre-ville enregistrent une baisse de 80 % de leur chiffre d’affaires les samedis de manifestation. Les consommateurs évitent les secteurs touchés par les manifestations et les violences, ce qui explique cette chute importante. La situation inquiète d’autant plus que novembre et décembre concentrent 40 % du chiffre d’affaires annuel des commerces de proximité.

Face à ce constat, Alain Di Crescenzo, président de CCI France, appelle à agir rapidement : « Il faut absolument relancer le commerce ». Il demande l’interdiction des manifestations jusqu’aux fêtes de fin d’année.

Marseille et Lyon parmi les zones les plus touchées

La ville de Marseille et sa métropole ont été davantage touchées que Paris et l’Île-de-France, avec 527 commerces atteints, dont 331 sinistrés et 128 pillés intégralement. Pour faire face à ces dégâts, un fonds d’urgence de soutien a recueilli 12 millions d’euros grâce aux contributions de la métropole marseillaise, du département, de la région et de grandes entreprises. Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix Marseille Provence, salue « une vraie mobilisation de la communauté entrepreneuriale, qui se sent très solidaire et attachée à ce qui s’est passé pour les commerçants ». Il évoque notamment la mise à disposition gratuite de fourgons utilitaires pour les commerces sinistrés.

Après Marseille et Paris, la zone Lyon/Saint-Étienne/Roanne est la troisième la plus touchée, avec 307 commerces dégradés. Pour tenter de limiter les dégâts, la CCI a engagé environ quarante agents de sécurité privés. Philippe Valentin, président de la CCI, reconnaît que « ce n’est pas notre mission la sécurité, c’est une première sous la gouverne du préfet qui était en demande. On a mis en place un dispositif en un temps record ». Ce dispositif n’a pas vocation à être renouvelé. Selon lui, le 17 octobre, une vingtaine de commerces ont pu être « sauvés ».

Un secteur déjà fragilisé

Ces dégradations surviennent alors que le secteur fait face à des crises successives depuis 2018. Lors d’une conférence de presse en ligne, Alain Di Crescenzo a cité les manifestations des gilets jaunes, la crise sanitaire du Covid-19, la guerre en Ukraine, les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel Merzouk en 2023, ou encore le pouvoir d’achat en berne.

Selon la Fédération du commerce et de la distribution, la facture des dégâts pourrait atteindre « plusieurs centaines de millions d’euros ». Ce montant reste provisoire, mais il donne une idée des pertes matérielles et économiques pour l’ensemble du secteur.