Typhon Champi : El Niño est pointé du doigt pour expliquer son intensité

Le typhon Champi, dont les vents soutenus approchent les 300 km/h à son pic, longe ce vendredi 23 octobre les côtes de Taïwan. Présenté comme la tempête la plus violente de l’année, il devrait ensuite atteindre la Chine et le Japon.

Au plus fort de sa course au-dessus de la mer des Philippines, mercredi 21 octobre, ses rafales dépassaient les 300 km/h. Il s’est depuis nettement affaibli et ne devrait pas toucher terre directement. À l’approche de Taïwan, l’Administration météorologique centrale de l’île relevait vendredi des vents soutenus de 155 km/h, avec des rafales d’environ 191 km/h près de son centre.

Typhon Champi : El Niño est pointé du doigt pour expliquer son intensité



L’île est quasiment à l’arrêt : la plupart des écoles, des bureaux et des commerces sont fermés, tout comme la Bourse de Taïwan. Les habitants sont appelés à rester chez eux, et plus de 1 200 personnes ont été évacuées. Côté transports, des centaines de vols sont annulés, dont la totalité des 262 vols intérieurs prévus vendredi.

Les vagues soulevées par le typhon ont déjà fait un mort, jeudi, sur l’île de Liuqiu, et les autorités comptent 94 blessés. Bien que le typhon s’affaiblisse, on attend jusqu’à 900 millimètres de pluie entre jeudi et samedi dans les régions montagneuses du nord et du nord-est de l’île.

Une eau chaude, ingrédient principal

Pour comprendre pourquoi un typhon peut être aussi intense, il faut revenir à la manière dont il se forme. Le premier ingrédient est l’eau chaude : il faut une mer à au moins 26 °C sur une cinquantaine de mètres de profondeur. Plus cette eau est chaude, plus il y a de chances qu’un typhon violent se forme au-dessus.

Chauffée, cette eau s’évapore davantage et amène une grande quantité de nuages. L’air chaud et humide s’élève, et de l’air afflue en surface pour le remplacer. Dévié par la force de Coriolis, un effet de la rotation de la Terre, ce flux se met à tourner. On obtient ainsi un air extrêmement humide, qui monte de plusieurs kilomètres dans le ciel en prenant la forme d’un tube qui tourne sur lui-même.

En montant, l’air se refroidit et sa vapeur d’eau se condense en nuages. Cette condensation libère de la chaleur, qui fait encore monter l’air et baisser la pression au centre du système. L’air de surface est alors aspiré plus fortement vers ce centre, et les vents accélèrent.

El Niño et le réchauffement climatique

Et El Niño dans tout ça ? Ce phénomène climatique provoque un courant d’eau chaude dans le Pacifique, ce qui se traduit par une hausse importante de la température à la surface de l’eau. Cet automne, il est particulièrement marqué, et une bande d’eau plus chaude que la normale est repérée par les satellites depuis des mois.

Sans être à lui seul à l’origine de Champi, El Niño a pu lui offrir des conditions favorables pour se renforcer. Or, ce phénomène semble lui-même favorisé par le réchauffement climatique : plus la planète se réchauffe, plus il risque de se renforcer, et avec lui le risque de typhons violents dans cette partie du globe.

Pour la suite, Taïwan reste en alerte au moins jusqu’à samedi. Le typhon doit ensuite remonter vers Shanghai, puis virer au nord-est vers la Corée du Sud et l’île japonaise de Kyūshū, en frôlant les îles du sud-ouest du Japon. Il risque désormais de ralentir, ce qui signifierait qu’il restera sur place plus longtemps.